Comment j’ai découvert Wilhelm Reich et son oeuvre.
Cette « rencontre » pour le moins improbable, à priori, je la dois à Jacques Lesage de La Haye, écrivain, psychanalyste et militant libertaire. Atteint d’agoraphobie aigüe depuis mes 21 ans, ce n’est que 15 ans plus tard que j’eus la chance d’être mis en rapport avec celui qui, plus qu’un simple thérapeute, allait devenir, peu à peu mon formateur (je n’ose pas écrire mon « maître »; il serait le premier à trouver pareil qualificatif un peu trop redondant) et mon ami.
C’est au cours de notre travail thérapeutique qu’il me fit découvrir l’oeuvre de ce penseur courageux, humain et génial, que beaucoup de ses pairs tinrent , hélas, pour un dangereux « iconoclaste », qui eut le courage de tracer des voies nouvelles à la psychanalyse.
Il ne m’est pas simple d’entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire d’aborder l’étude de son oeuvre et de sa pensée, pour des raisons de simple déontologie pratique: toute pensée, quelle qu’elle soit ne se peut résumer en de vagues approximations théoriques. Et cela est d’autant plus vrai pour Reich, que se dessine aujourd’hui un authentique regain d’intérêt pour l’homme, son action et ses écrits: donc prudence! Evitons les effets de mode; Reich ne peut être rangé dans la catégorie du « prêt-à-porter » de notre intelligentsia show-biz.